Le calendrier lunaire égyptien #hieroglyphe
- SAYGEOMANCIE By Sandrine S
- 14 août
- 3 min de lecture

Aujourd'hui Jour 3 du calendrier lunaire égyptien : la fête du premier Masper
Une inscription qui révèle une véritable formule de fête
Dans l’étude des trente jours du calendrier lunaire de l’Égypte ancienne, le troisième jour présente un groupe hiéroglyphique particulièrement intéressant.
La lecture que nous retenons ici est :
ḥb Mspr tp
que l’on peut comprendre comme :
« fête du premier Msper ».
Cette formule est d’autant plus intéressante qu’elle permet de mieux comprendre la fonction de chacun des signes qui la composent.
Mspr : le nom de l’événement
Le premier groupe peut être décomposé phonétiquement :
ms – s – p – r
soit Mspr, que nous transcrivons ici Msper.
Ce terme constitue le cœur de la formule. Il désigne ce qui est célébré au troisième jour.
Mais l’inscription ne s’arrête pas là.
Le poignard : tp, « premier »
Après Mspr apparaît un poignard, dont la valeur phonétique est tp.
C'est un élément essentiel pour comprendre la phrase.Le calendrier lunaire égyptien
Plutôt que de considérer ce signe comme un simple déterminatif accompagnant Mspr, notre analyse lui donne une véritable fonction dans la formulation : il précise la notion de « premier ».
Nous obtenons ainsi :
Mspr + tp
→ le premier Msper
Le poignard n’est donc pas un détail graphique secondaire : il participe directement à la construction du sens.
Le vase de purification : ḥb
Enfin, le groupe se termine par le vase de purification en albâtre, que nous retrouvons dans les différentes désignations des jours lunaires.
Sa valeur est ici associée à ḥb, terme que l’on rencontre dans le vocabulaire égyptien de la fête.
Le groupe peut donc être réorganisé selon la construction égyptienne :
Mspr + tp + ḥb
→ ḥb Mspr tp
→ « fête du premier Masper »
Cette construction donne une cohérence remarquable à l'ensemble de l'inscription.
Pourquoi le troisième jour est-il qualifié de « défavorable » ?Le calendrier lunaire égyptien
Il est important de distinguer deux niveaux d'information.
D'une part, nous avons le nom ou la désignation du jour, que l'analyse des hiéroglyphes permet ici de lire comme :
Fête du premier Msper
Le calendrier lunaire égyptien
D'autre part, le calendrier de Mahler attribue au troisième jour une qualification : « défavorable ».
Cette mention ne doit donc pas être intégrée artificiellement à la traduction de la formule hiéroglyphique.
Autrement dit :
ḥb Mspr tp = « fête du premier Msper »
et « défavorable » constitue une information supplémentaire concernant la nature du jour dans le calendrier.
Cette distinction est importante si l'on veut éviter de confondre le nom du jour avec son caractère rituel ou augural.
Une lecture en trois éléments
La structure que nous avons retenue peut ainsi être présentée très simplement :
1. Mspr → le terme principal2. tp → « premier »3. ḥb → « fête »
Ce qui donne :
Jour 3 — ḥb Mspr tp
« Fête du premier Msper »
Cette lecture met également en évidence un principe intéressant dans l'étude de l'ensemble du calendrier lunaire : les signes placés à la fin des différentes formules ne sont pas nécessairement à traduire comme des éléments autonomes du nom du jour. Leur fonction grammaticale ou déterminative doit être examinée en relation avec l'ensemble du groupe.
Le troisième jour : une fête dès les premiers jours lunaires
Après le premier jour consacré à la Nouvelle Lune et le deuxième jour qui accompagne le retour du cycle lumineux, le troisième jour apparaît donc comme celui d'une fête associée au « premier Msper ».
Ce vocabulaire ouvre une piste de recherche passionnante : que recouvre exactement Msper dans le contexte des calendriers lunaires égyptiens ? S'agit-il d'un événement rituel, d'une manifestation divine, d'un terme lié à une phase particulière du cycle lunaire, ou d'une notion aujourd'hui encore insuffisamment comprise ?
C'est précisément là que l'étude des inscriptions de Dendérah, Edfou et Esna, confrontée aux travaux consacrés aux calendriers lunaires égyptiens, devient essentielle.
Le troisième jour nous rappelle ainsi que le calendrier égyptien n'était pas simplement un moyen de compter les jours : il associait le temps lunaire à un langage rituel, dans lequel chaque journée pouvait porter son propre événement, sa propre désignation et sa propre qualité.
Jour 3 : ḥb Mspr tp — « Fête du premier Msper ».
Une formule courte, mais qui ouvre une vaste porte sur la manière dont les anciens Égyptiens pensaient le temps, la Lune et le rituel.
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