Les impérissables #egyptologie #astronomie
- SAYGEOMANCIE By Sandrine S
- il y a 20 minutes
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Ikhemu-sek ( j.ḫmw-sk – literallement "ceux qui ne connaissent pas la destruction")
Pourquoi ce nom?
Prenons de la hauteur ce matin !
Le plafond astronomique de la tombe de Séthi Ier (KV17) représente les constellations circumpolaires, appelées par les Égyptiens les Ikhemu-sek (« les impérissables »), c’est-à-dire les étoiles qui ne se couchent jamais. En ancien égyptien: j.ḫmw-sk – littéralement cela veut dire "ceux qui ne connaissent pas la destruction".
À droite, nous pouvons voir l’Hippopotame avec le crocodile tenant une canne où il y a deux cordes attachées à la queue du taureau. Ce taureau représente l'Ursa Major (Grande Ourse) et il y a la déesse Serqet* devant elle qui a un faucon à côté de ses pieds. En dessous de ce faucon, il y a le Lion et le crocodile et l’homme qui se battent. Un homme avec un disque solaire sur la tête tient les cordes et Anu est debout sur la canne.
Serket (également connue sous les noms de Selkis et Selket) est une déesse égyptienne de la protection associée au scorpion. Elle est associée à la guérison, à la magie et à la protection, et son nom signifie "Celle qui fait respirer la gorge". Ses symboles sont le scorpion, l'Ânkh et le sceptre Ouas, qui traduisent tous ses aspects bienveillants.
👉 Signification
Ce plafond ne donne pas une date future ni un événement précis. Il représente l’axe du ciel nord, symbole d’immortalité. Le message est simple :le pharaon rejoint les étoiles qui ne meurent jamais.
Pourquoi ?
Parce que ces étoiles ne se couchent jamais.
En Égypte, certaines étoiles tournent autour du pôle nord céleste sans jamais disparaître sous l’horizon.Les Égyptiens les appelaient les Ikhemu-sek — « les impérissables ».
Contrairement aux étoiles du sud ou aux constellations zodiacales :
elles ne meurent pas chaque nuit,
elles ne plongent pas dans le monde souterrain,
elles ne traversent pas le cycle naissance / disparition.
Elles sont visiblement éternelles.Pour une civilisation qui observe le ciel comme un texte sacré, c’est un symbole évident.C’est une carte d’éternité, pas une prophétie.
Parce que le nord céleste est le point fixe
Le ciel entier tourne… sauf un point autour duquel tout pivote : le pôle céleste.Ce centre immobile devient :
l’axe du monde
le pilier cosmique
le point d’équilibre
Dans la pensée égyptienne, l’ordre cosmique (Maât) repose sur la stabilité.Le nord incarne cette stabilité absolue. D’où les expressions populaires :
· « Garder le cap » — rester aligné malgré les tempêtes.
· « Avoir le nord dans la tête » — rester lucide, ne pas perdre le sens des choses.
· « Perdre le nord » — être désorienté, ne plus savoir où l’on va.
· « Garder le cap vers le nord » (formulation plus imagée) — rester fidèle à sa direction intérieure.
Pourquoi le roi veut échapper au cycle solaire ? Parce que ce que le soleil se lève, il meurt (pour eux en vision) , il traverse la nuit et renaît. C’est un cycle. Alors que les étoiles circumpolaires, elles, ne « meurent » pas. Elles tournent éternellement.
Dans les textes funéraires, le roi défunt déclare vouloir devenir une étoile impérissable.Pas un astre qui renaît — mais un astre qui ne s’éteint jamais.
Pour résumé
Le nord céleste est celui des étoiles qui ne se couchent pas. C’est un point fixe autour duquel tout tourne. Il symbolise la stabilité cosmique et donc il est symbole d’éternité.

✨ Invitation
En octobre, du 6 au 16, je vous emmène justement explorer ces lieux où le ciel, la pierre et la conscience se rejoignent. Nous lirons les plafonds étoilés dans le ciel et dans les tombes, non seulement comme des cartes astronomiques, mais comme des cartographies intérieures. Marcher dans la Vallée des Rois, lever les yeux vers ces voûtes peintes, sentir l’axe invisible autour duquel tout s’organise… c’est une expérience que l’on ne comprend pas mentalement — on la vit.
Si l’appel du Nord, de l’axe, de l’éternité résonne en vous, alors peut-être que ce voyage est déjà en train de vous choisir.
Toutes les infos et modalités par mai : saygeomancie@gmail.com

* le lion de Séthi Ier appartient à un système égyptien propre, antérieur au zodiaque grec. Les regroupements d’étoiles ne sont pas identiques. Les Égyptiens organisaient le ciel autour des décans (groupes d’étoiles servant à mesurer les heures de la nuit), des étoiles circumpolaires (Ikhemu-sek), et de figures mythologiques liées à leur cosmologie. Même si visuellement on voit un lion, cela ne signifie pas automatiquement qu’il correspond exactement à la zone céleste que les Grecs ont appelée Leo. Il peut y avoir chevauchement partiel, ressemblance symbolique, ou simple analogie animale. Les Grecs ont réinterprété un ciel déjà ancien, en héritant partiellement de traditions mésopotamiennes et peut-être égyptiennes.
Donc 🦁 Le lion céleste égyptien est différent du Lion grec. De plus, dans le plafond astronomique de la tombe de Séthi Ier (KV17), le lion céleste ne fait pas partie d’un zodiaque écliptique comme le Lion grec (Leo). Il est placé dans la région septentrionale, proche de Mesekhtiu (la Cuisse de taureau, souvent rapprochée de la Grande Ourse), de l’hippopotame céleste, du crocodile, et des figures liées au pôle céleste. Cela signifie qu’il n’est pas positionné donc sur la bande zodiacale (le trajet du Soleil), mais dans la zone des étoiles qui ne se couchent jamais sous la latitude égyptienne. Le lion grec lui participe au cycle solaire. Le lion de Séthi participe à l’axe cosmique. Ce n’est pas un signe astrologique. Mais une figure d’éternité. Et ça, c’est immense. On commence à comprendre le mode de pensée des anciens égyptiens. Et parce ce que le lion est placé dans la zone circumpolaire, il devient une force gardienne de l’axe du monde — pas simplement un animal zodiacal.









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