Les jours épagomènes dans l’Égypte antique
- SAYGEOMANCIE By Sandrine S
- 15 juil. 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 2 oct. 2025

Les jours épagomènes dans l’Égypte antique : contexte, symbolique et rituels
Les jours épagomènes, du grec epagómenos (« ajouté »), également appelés jours complémentaires, étaient une caractéristique fondamentale du calendrier civil égyptien. Ce calendrier était basé sur une année administrative de 365 jours : douze mois de trente jours (360 jours), plus cinq jours supplémentaires pour ajuster approximativement l’année calendaire à l’année solaire (environ 365,25 jours).
📚 Source : Clagett, Marshall. Ancient Egyptian Science: A Source Book. Vol. II. Calendars, Clocks, and Astronomy (1995), pp. 20–23.
Origine et rôle des jours épagomènes
Dans la cosmogonie égyptienne, l’ajout de ces jours est lié à un mythe fondateur : selon le Mythe d’Osiris rapporté par Plutarque (De Iside et Osiride, IIe s. ap. J.-C.), la déesse Nout, enceinte du dieu Geb, fut maudite par Rê qui lui interdit d’enfanter un jour de l’année. Thot, le dieu de la sagesse, gagna alors cinq jours à la Lune lors d’un jeu de dés, jours hors calendrier durant lesquels Nout put donner naissance à Osiris, Horus l’Ancien, Seth, Isis et Nephtys.
📚 Source : Plutarque, Isis et Osiris, §§ 12–14 ; cf. Wilkinson, Richard H. The Complete Gods and Goddesses of Ancient Egypt (2003), p. 138.
Les jours épagomènes dans l’Égypte antique

Un « temps hors du temps »
Les jours épagomènes étaient considérés comme hors du cycle temporel normal. Ils marquaient une période de transition, parfois perçue comme instable ou dangereuse, nécessitant des rituels d’apaisement pour contrer les forces du chaos (Isfet) et maintenir l’ordre cosmique (Maât).
Les textes des temples et calendriers, tels que le Calendrier d’Abydos ou les inscriptions de Dendera, indiquent que ces jours faisaient l’objet de cérémonies spécifiques : offrandes, purifications et invocations destinées à assurer la protection de l’État et la prospérité du pays.
📚 Source : Parker, Richard A. The Calendars of Ancient Egypt (1950), pp. 15–19 ; Leitz, Christian. Lexikon der ägyptischen Götter und Götterbezeichnungen (2002).

Cinq naissances divines
Dans la tradition la plus courante (Nouvel Empire et période ptolémaïque), les jours épagomènes sont associés aux naissances suivantes (les noms varient légèrement) :
1️⃣ Osiris 14 juillet – premier jour épagomène : dieu du renouveau, de la fertilité et des cycles de la végétation.
2️⃣ Horus l’Ancien 15 juillet (Heru-wer) – second jour : dieu céleste, protecteur du roi. 15 juillet
3️⃣ Seth 16 juillet – troisième jour : dieu ambigu, maître du désert et des orages, associé au désordre mais aussi à la défense du soleil contre Apophis.
4️⃣ Isis – 17 juillet - quatrième jour : déesse-mère, magicienne suprême, protectrice du trône royal.
5️⃣ Nephtys 18 juillet – cinquième jour : sœur et protectrice, gardienne des rites funéraires.
Cette version est attestée dans de nombreux textes, notamment le Papyrus d’Harris (XXe dynastie) et diverses inscriptions des temples de Philae et Edfou.
📚 Source : Faulkner, Raymond O. The Ancient Egyptian Pyramid Texts (1969) ; Wilkinson, The Complete Gods and Goddesses, p. 138.

Variations régionales et interprétations
Les noms des jours peuvent varier selon les traditions ou variantes locales, voire des lectures modernes interprétatives. N'oublions pas que cette civilisation à plus de 6000 ans d'existance et que tout évolue. Dans les textes égyptiens classiques, Wep Renpet (« ouverture de l’année ») désigne plutôt le premier jour de l’année civile, célébré à la montée héliaque de Sirius (Sopdet), qui annonçait la crue du Nil. Il est donc parfois confondu avec le premier jour épagomène, mais ils ne sont pas strictement identiques.
Les divinités comme Iabet ou Renenutet apparaissent effectivement dans des contextes rituels de passage et de fertilité, mais elles ne sont pas systématiquement liées aux épagomènes dans les sources classiques.
1. Wep Renpet : C'était le premier jour épagomène et il était généralement considéré comme le jour de la nouvelle année. Il était associé à la déesse renouvellement et régénération, renvoyant à l'idée du renouveau annuel.
2. Iabet : Ce jour était associé à la déesse Iabet, une divinité protectrice du ciel. On pensait qu'elle éloignait les forces négatives et protégeait les individus des influences néfastes.
3. Mesut-Ra : Ce jour était associé au dieu solaire Rê. On pensait que c'était un moment propice pour renforcer le pouvoir solaire et invoquer les bénédictions du dieu solaire.
4. Heru-renpet : Ce jour était associé à la divinité Horus, souvent représenté comme un faucon ou un homme à tête de faucon. On pensait qu'il symbolisait la force et la protection, apportant une énergie positive à ceux qui le vénéraient.
5. Renenutet : Ce dernier jour épagomène était associé à la déesse Renenutet, une divinité de l'abondance et de la fertilité. On pensait que c'était un moment propice pour invoquer les bénédictions de la déesse et assurer une bonne récolte.
📚 Source : Assmann, Jan. The Mind of Egypt: History and Meaning in the Time of the Pharaohs (2002), p. 78–80 ; Lesko, Leonard H. A Dictionary of Late Egyptian (2002).
Résumé clarifié
Durée : 5 jours ajoutés à la fin des 360 jours pour atteindre 365 jours.
Mythe : Naissance de 5 divinités majeures pendant ces jours.
Symbolique : Période « hors du temps », propice mais instable.
Rituels : Offrandes, purifications, prières pour maintenir la Maât.
Variabilité : Les noms et associations peuvent fluctuer selon les époques et localités.
🏺 Références principales pour aller plus loin
Clagett, Marshall. Ancient Egyptian Science. Vol. II.
Parker, Richard A. The Calendars of Ancient Egypt.
Wilkinson, Richard H. The Complete Gods and Goddesses of Ancient Egypt.
Assmann, Jan. The Mind of Egypt.
Plutarque, De Iside et Osiride.

Nous sommes exactement depuis hier dans ces 5 jours épagomènes selon les anciens égyptiens. Ces jours étaient des jours additionnels ajoutés à la fin de l'année du calendrier égyptien pour compenser le décalage entre l'année solaire et l'année calendaire. Ils étaient considérés comme hors du temps normal et étaient associés à des rituels et des croyances spécifiques.
Je vous souhaite de belles vacances reposantes pour couper avec l'ambiance très lourde ambiante; tenons nous les coudes :)
Sandrine , avec amour









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